En 1996, à Istanbul, Antoine Agoudjian éprouve le besoin irrépressible de se lancer à la recherche des Arméniens sur cette terre historique. Ses voyages le mèneront dans toutes les communautés arméniennes disséminées au Moyen-Orient, mais aussi sur les chemins de la déportation et des massacres, de l'ouest de la Turquie jusqu'aux déserts syriens de Deir ez-Zor, à la recherche d'une mémoire niée, refoulée, mais pas totalement effacée.
Que se passera-t-il le 24 avril 2015 ? REPAIR a posé la question à des leaders d’opinion de Turquie, d’Arménie et de Diaspora Arménienne. Jour de commémoration du Centenaire du génocide des arméniens, cet événement que les Arméniens ont souhaité mondial est mis en concurrence avec les célébrations de la Bataille de Gallipoli que le gouvernement turc a déplacé pour l’occasion. Simple jour du souvenir pour certains, raz de marée dévastateur pour d’autres, non-événement politique ou début d’un changement de paradigme… les avis sont loin de faire l’objet d’un consensus.
À l’occasion du centenaire du génocide arménien, Cengiz Aktar estime nécessaire d’évoquer la question de l’établissement d’une justice pour les descendants des victimes. Selon lui, la Turquie peut, par différents moyens, indemniser les pertes vécues. La dénonciation des responsables du génocide, jusqu’à présent honorés en Turquie, peut constituer l’une des nombreuses composantes du volet moral des indemnisations. Selon l’auteur, celles-ci peuvent être mises en place sans passer par la reconnaissance du génocide par l’État turc, qui reste l’interlocuteur principal concernant les demandes des Arméniens.