La question de l’adhésion européenne de la Turquie intéresse non seulement les Européens, les Turcs, et les habitants du Moyen-Orient, mais encore les Arméniens, et particulièrement ceux du Moyen-Orient. Bien que partagés sur le point de savoir si cette adhésion est profitable ou nuisible à la Cause arménienne, les Arméniens suivent de très près tous les développements liés à cette question. La Turquie accordant un rôle très important à son image dans ses relations extérieures, il importe par ailleurs aux Arméniens de savoir si dans cette quadrature du cercle, telle ou telle politique turque envers les Arméniens fait simplement partie du processus de fabrication de son image extérieure, ou si c’est la manifestation sincère d’une intention d’instaurer avec eux une paix durable.
Nous avons interviewé Karen Bekarian, président d’Intégration Européenne (ONG œuvrant à Erevan depuis 2000), sur l’adhésion a l'UE du voisin turc qui a des relations problématiques avec l’Arménie, et sur ce qui pourrait en découler pour cette dernière. Nous verrons que Karen Bekarian accorde beaucoup moins d’importance à la question de l’adhésion en elle-même qu’à son processus. Selon lui, il est beaucoup plus important pour l’Arménie que la Turquie effectue ce parcours naturellement.
La Turquie mène des négociations avec l’UE depuis déjà de longues années. L’application des réformes pour être en conformité avec les valeurs européennes ne satisfait toujours pas l’UE. L’adhésion européenne d’Ankara comporte de nombreux aspects positifs pour l’Arménie. L’ouverture des frontières est la principale attente de l'Arménie. De fait, si les représentants de tous les cercles politiques et sociaux d’Arménie considèrent l’adhésion turque à l’UE d’abord sous l’angle de l’ouverture des frontières, à partir de là, leurs points de vue divergent.