Laurence Ritter, sociologue française dont la thèse de doctorat portait sur "les recompositions de l'identité arménienne Diaspora/Arménie, de la victime au sujet", explique les particularités de la diaspora arménienne formées après le génocide de 1915. Selon elle, loin d’être monolithique, celle ci revêt différents visages selon son pays d’implantation. Ainsi, il ne faudrait pas parler d’une diaspora, mais bien de plusieurs diasporas. L'indépendance de l'Arménie et la circulation de l'information grâce au numérique a profondément bouleversé le fonctionnement de la diaspora traditionnelle. Laurence Ritter analyse les différents défis dont la diaspora doit faire face pour entrer dans la modernité.
Selon le journaliste Irfan Aktan, l'identité kurde a été façonnée par le biais des résistances élaborées contre la négation de leur existence. Mais celle ci n'est pas finie, elle a simplement changé de forme. Lorsqu'elle sera terminée et qu'il y aura une normalisation, un débat mouvementé commencera à propos de l'identité kurde. Selon Aktan, les Kurdes, qui souhaitent "être de Turquie*" tout en se "Kurdistanisant", sont beaucoup plus prêts que les Turcs à faire face à leur passé.
Selon Tanil Bora, l'identité turque s'est forgée en fonction des perceptions de menaces extérieures et sur une culture de la violence. Aujourd'hui la religion devient une composante plus importante de cette identité et l'opposition politique est considérée comme une émanation de "forces étrangères". Pour Tanil Bora le processus de faire face au passé devrait faire partie de la conception même de l'identité.