La relation triangulaire entre la Turquie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan peut être vue sous plusieurs angles: ils sont voisins, ennemis de longue date, frères et sœurs... mais sûrement pas partenaires. L'Arménie est en guerre avec l'Azerbaïdjan, l'Azerbaïdjan menace la Turquie à chaque vague tentative de dialogue entre la Turquie et l'Arménie, l'Arménie considère la Turquie comme un ami de l'Azerbaïdjan et donc un ennemi de l'Arménie et ainsi de suite. Il s'agit au mieux d'une relation compliquée, au pire d’un cas non résolu. Chaque petite, mais prometteuse percée à l’horizon se perd et est aspirée dans les violents désaccords entre les trois États et ses dirigeants. Les différences de points de vue sur leur histoire commune continuent à avoir un impact négatif sur la vie actuelle des Turcs, des Arméniens et des Azerbaïdjanais.c, mais aussi les paramètres politiques autour d'eux.
Pour Diba Nigar Göksel, l'approche d'Ankara vis-à-vis des relations turco-arméniennes n'a pas changé depuis 2009. L'influence de Bakou sur Ankara est à un niveau record et l'électorat nationaliste prend de l'importance à l'approche des élections. Cependant l'arrivée de la Suisse à la présidence de l'OSCE en janvier 2014 donne de l'espoir. En même temps, la critique des récits officiels de 1915 est plus en plus répandue en Turquie.
Le Génocide des Arméniens fait partie des rares thèmes qui, s’ils ne font pas l’unanimité, font toutefois l’objet d’un large consensus au sein des partis politiques d’Arménie. Selon ces derniers, la reconnaissance du Génocide n’est pas l’aboutissement du chemin qui mène à la solution de la question arménienne. Elle doit être relayée par la formulation d’exigences, parmi lesquelles celle de la reconnaissance des droits des héritiers des victimes du Génocide sur les terres qui appartenaient à leurs ancêtres.