Les relations entre la Turquie et l’Arménie ont fait l'objet d'abondants travaux universitaires, le sujet traité sous tous les angles possibles, et aucune dimension d'analyse ne semble avoir été négligé. Cependant, tant que les relations diplomatiques ne seront pas rétablies entre les deux pays et que leur frontière commune demeurera fermée, on ne doit s’épargner aucun effort pour comprendre les freins existants et émergeants qui les entravent et trouver des moyens d’avancer. Dans ce but, cet article soulève une série de questions relatives à quelques opinions et interprétations établies sur les relations turco-arméniennes.
Rouben Shougarian explique tout d’abord pourquoi il est nécessaire de départager clairement deux domaines distincts qui sont la réconciliation et la normalisation des relations entre l’Arménie et la Turquie. Selon lui, « quand les deux processus de normalisation et de réconciliation sont entremêlés on se retrouve dans une impasse ». L’ancien vice-ministre des Affaires étrangères d'Arménie
Selon Hrag Papazian, la Turquie, et particulièrement Istanbul, semble être un lieu tout à fait unique pour l'étude de l'identité arménienne contemporaine, compte tenu de la diversité croissante du « paysage de l'Arménité », surtout au cours des dernières décennies. Il tente ainsi de présenter ce qu’il nomme « les trois “types” d'Arméniens vivant actuellement en Turquie » : les membres de la minorité traditionnelle chrétienne arménienne de Turquie, la fameuse Hamaynk (communauté)