Parue simultanément en Turquie, en France, en Arménie et en Italie, le 30 mai 2014, une tribune intitulée "Arméniens et Turcs : faisons un rêve ensemble", co-signée par diverses personnalités françaises d'origine arménienne et des intellectuels turcs, a remis au goût du jour la thématique d'un dialogue arméno-turc que l'on croyait en sommeil depuis quelques années. Si cet écho lointain au discours du pasteur afro-américain Martin Luther King, se veut un plaidoyer pour une réconciliation arméno-turque, on retiendra aussi qu'il articule la question arménienne autour de la thématique du rêve... C'est oublier que ce dialogue dans sa version actuelle ne pourra aboutir à une nouvelle page de notre histoire s'il persiste à léser aussi bien la complexité arménienne que les enjeux de fonds.
Selon Ali Bayramoglu, l'un des intellectuels ayant mené la campagne de pétition « Je m'excuse » en 2008, celle ci a eu des effets positifs qui se répercutent jusqu'à aujourd'hui. Alors que les effets de l'élection d'Erdogan à la Présidence de la République sur les relations arméno-turques devraient être limités, la Turquie semble encore loin d'en venir au point des excuses.
Le Génocide des Arméniens fait partie des rares thèmes qui, s’ils ne font pas l’unanimité, font toutefois l’objet d’un large consensus au sein des partis politiques d’Arménie. Selon ces derniers, la reconnaissance du Génocide n’est pas l’aboutissement du chemin qui mène à la solution de la question arménienne. Elle doit être relayée par la formulation d’exigences, parmi lesquelles celle de la reconnaissance des droits des héritiers des victimes du Génocide sur les terres qui appartenaient à leurs ancêtres.